Un message de Patrul Rinpoche

Tous les êtres de l’univers veulent trouver le bonheur. Personne n’aime souffrir. Mais comment pouvons-nous trouver le bonheur et nous débarrasser de la souffrance ? Si nous ne parvenons pas à trouver comment, nous ressemblons aux êtres qu’a décrits le bodhisattva Shantideva dans le Bodhicaryavatara :
 
Les êtres se languissent d’être libérés de toute souffrance
Mais par leurs actes s’y plongent à corps perdu
Ils se languissent du bonheur mais dans leur bêtise,
Le détruisent comme s’il eut été un ennemi.
 
Si nous ne comprenons pas ce qui est à adopter et ce dont il faut se défaire, nous risquons de conserver ce qui provoque la souffrance, et de rejeter ce qui est source du bonheur.
Nous avons donc désespérément besoin de comprendre quoi adopter et quoi abandonner, et de nous investir avec diligence dans l’écoute, la réflexion et la méditation.
 
Le Bouddha Sakyamuni s’est adressé ainsi à ses auditeurs : ‘Vous devez d’abord reconnaître cette maladie qui vous accable. Ensuite, vous devez vous débarrasser de tout ce qui en est la cause. Puis, vous devez adopter le bon remède pour vous guérir. C’est alors que vous atteindrez le bonheur qui découle de s’être soigné.’
 
Comment pouvons-nous atteindre un bonheur temporel et ultime, dans cette vie même et les futures ?
Comment pouvons-nous nous débarrasser de la souffrance dans cette vie même et les futures ?
Nous saurons comprendre comment faire, sans erreur possible, en suivant le cursus de 6 ans de formation des pratiquants Dzogchen. Cet enseignement n’est pas voué à bénéficier aux seuls étudiants, mais à l’ensemble des êtres vivants.
 
Pendant 6 ans, nous apprendrons à distinguer le vrai du faux, ce qui est à adopter et ce qui est à rejeter. Ainsi nous serons capables d’éliminer les causes de la souffrance et d’accomplir les causes du bonheur.
Dès l’instant où nous savons distinguer la vérité de la fausseté, et distinguer ce qui est à adopter de ce qui est à rejeter, nous devenons aptes à réaliser la vérité de la vraie nature.
 
Si nous réalisons la vérité de la vraie nature, nous faisons l’expérience à la fois du bonheur temporel et du bonheur ultime. Le bonheur ultime est le grand bonheur sans changement. Nous en avons besoin, et tous les autres êtres sensibles en ont besoin également. Le bonheur ultime, le grand bonheur immuable, est encore le grand bonheur de l’auto-libération.
 
Si nous n’atteignons pas nous-mêmes le grand bonheur de l’auto-libération, que d’autres l’atteignent ne nous apportera pas directement notre propre libération. En revanche, si nous atteignons le grand bonheur de l’auto-libération, une fois libérés, nous pourrons donner notre avis et montrer à d’autres le chemin, et ainsi les guider vers leur propre libération.
 
Par exemple, le Bouddha Sakyamuni a atteint le grand bonheur de l’auto-libération, et a, une fois libéré, montré le chemin aux autres êtres. Il nous a enseigné comment il y était parvenu, et nous a montré comment nous pouvions également y arriver. Grâce à ces instructions nous pouvons emprunter le même chemin que celui qu’il a emprunté et atteindre le même état que celui qu’il a atteint.
 
En prenant le chemin du Bouddha, le chemin du grand bonheur de l’auto-libération en tant que base, et en le combinant avec la guidance de notre inégalable maître, ainsi qu’avec notre expérience, nous pourrons nous entraîner le long du parfait chemin de l’auto-libération, et atteindre le grand bonheur de cet état.
 
Dès qu’une personne atteint le grand bonheur de l’auto-libération, elle peut le partager en montrant à d’autres comment s’y prendre pour parcourir le chemin, de manière à ce qu’ils s’auto-libèrent.
Si nous parcourons nous-mêmes ce chemin de libération, il nous faut être attentifs à ce qui est approprié et à ce qui ne l’est pas pour parfaire notre entraînement.

Si nous procédons ainsi, nous atteindrons le fruit du chemin. Mon espoir ne se résume pas à ce que mes étudiants atteignent le grand bonheur de l’auto-libération, mais également que par eux, tous les autres êtres sensibles puissent aussi connaître cet état.